Dormir sans réserver en voyage

On voit partout les mérites du voyage en sac à dos vantés, comme quoi c’est la liberté, c’est l’improvisation, c’est la spontanéité et toutes ces choses merveilleuses. Seulement… Comment on la crée cette liberté ?

On voit partout les mérites du voyage en sac à dos vantés, comme quoi c’est la liberté, c’est l’improvisation, c’est la spontanéité et toutes ces choses merveilleuses. Seulement… Comment on la crée cette liberté ? En réservant tout à l’avance ? Mais dans ce cas on n’est plus libres! En ne réservant rien? Mais c’est complètement stressant, on devient esclave de la recherche d’hôtels, donc on n’est plus libre!! (Ah, ces études en droit qui permettent de retourner un problème dans tous les sens à son avantage…)

A moins d’avoir une tente, la question de « c ? » est cruciale, voire vitale. Dormir dehors ou chez l’habitant c’est possible, oui, mais faut l’avouer, c’est plus compliqué et avec des chances de succès moindres.

ALORS COMMENT QU’ON FAIT ??

C’est une méthode qui se passe en deux temps, ou en deux phases.

1. Quand on commence un voyage: Mettons que nous allons à Lima. Après 16 heures d’avion, un plateau repas théoriquement mangeable et une nuit trop courte, on n’est pas frais comme un gardon pour chercher un logement. D’autant plus que l’endroit, on n’y connait strictement rien (ou presque), on ne connait pas les mœurs ni comment fonctionnent les transports et puis..au final, on a juste envie de poser nos fesses dans un vrai lit et de fermer les yeux, loin du bourdonnement des réacteurs, c’est humain, non?! Notre technique consiste alors à réserver une auberge à l’avance, depuis la Suisse, avant le départ. Comme ça, quand on arrive à Lima, hop dans un bus, et hop dans un lit et surtout, un endroit pour commencer son voyage.

2. Une fois à l’auberge, on demande à l’aubergiste de nous renseigner sur la ville, les quartiers etc, ce qui nous permet rapidement de voir si on est bien placés ou pas. On demande aussi aux autres voyageurs qui sont ici si ça vaut la peine de rester ou pas (ils seront honnêtes, des voyageurs nous avaient vus rentrer dans une auberge en Bolivie et ils nous ont fait « non » de la tête depuis le fond du couloir). Du coup, là on avise si on reste plus longtemps ou pas et où on va chercher le prochain hôtel.

Donc en résumé: avant de partir, on réserve une auberge dans notre ville de destination (par Internet, depuis la Suisse), puis, on se renseigne pour voir si on trouve mieux ou pas une fois qu’on est arrivés. C’est bien gentil tu me diras, mais on ne reste pas qu’une seule nuit à l’autre bout du monde, comment on fait pour trouver un logement et rester libre avec son sac à dos ? Comment on fait pour être sur les routes sans rien réserver, sans savoir où dormir le soir ?

Mettons que nous sommes à La Paz et que nous voulons aller à Sucre. En passant, c’est une vraie expérience que je vous raconte ici, depuis La Paz on voulait aller à Uyuni mais comme il y avait des grèves qui bloquaient l’accès à la ville, on a changé nos plans. La liberté, je te dis!

On a toujours sur nous un Routard (je te passe l’éternel débat Routard/Lonely) et on regarde à La Paz quels hôtels il y a à Sucre. On prend note de quelques uns en fonction de notre budget et qui sur le papier, ont l’air corrects. Et on va tout simplement sonner aux portes. Rien de plus.

Tu trouveras toujours de la place quelque part, évidemment, ce ne sera pas toujours l’ultra-luxe « croissants et jus d’orange frais amenés dans le lit » mais bon, si c’est ça le prix de la liberté, nous, on s’en accommode. Et puis des fois, c’est franchement drôle de dormir dans des auberges pourries. Voir le positif dans le négatif, toujours!

Bon, ok, c’est pas le Guide du Routard, c’est Bridget Jones.

Oui, mais moi j’aime pas les guides, c’est une entrave à la liberté!

Je les vois déjà arriver, les fervents défenseurs de la liberté absolue en backpack, l’improvisation, l’aventure etc, etc, etc… (je ne rentre pas dans le débat, on en aurait pour des heures…mais j’en ferai un article, sans doute). Ces types qui ne veulent absolument pas voyager avec un guide. Pourquoi pas. On l’a fait. Et on a réussi à trouver un logement.

C’était à San Pedro de Atacama, au Chili. Des Français nous avaient convaincus d’y passer quelques jours, nous étions alors en Argentine (à Purmamarca) dans l’immense salle commune d’une auberge à l’ambiance backpacker. De la viande, du vin, un guacamole à tomber et des discussions animées plus tard, ils nous ont persuadés d’aller à San Pedro (merci Caro et Babas!).

On monte dans le bus le surlendemain, sans guide et sans trop savoir ce qui nous attend à San Pedro. On rencontre deux autres Français, JC et Julien, qui ne se connaissaient pas entre eux mais dont le hasard des choses a fait qu’on s’est tous retrouvés les uns à côté des autres. Sept heures de bus plus tard et des discussions tout aussi animées que la veille au soir, on décide de partir à l’aventure ensemble. Il nous faut trouver une auberge à San Pedro, pour 4.

Problème? Non, du tout, c’était juste LE week-end férié des Chiliens. Et ils sont tous montés à San Pedro, parce que même pour eux, c’est un immanquable. En gros: c’était complet. Partout.

Comment on a fait ? On a sonné à plein de portes, on s’arrêtait dans les agences touristiques pour qu’ils nous donnent des adresses (et des cartes!), quand un aubergiste était complet on lui demandait s’il n’avait pas un pote qui pourrait nous dépanner, bref, on cherchait.

On s’est retrouvés en bout de course dans une auberge au cadre sympa mais la chambre l’était un peu moins: 3 mètres sur 3, deux lits superposés, 10€ la nuit par personne. Alors oui, ils ont clairement profité d’être le dernier logis de San Pedro mais bon, peut-on leur en vouloir ? Au final, on a passé de bons moments dans cette auberge très bien aménagée et puis… On ne fait que dormir dans une chambre, non ?

Trouver un logement sans réserver est tout à fait possible, que cela soit avec ou sans guide. Il faut un peu se sortir les pouces des fesses et prendre conscience que le voyage, ce n’est pas toujours du farniente avec les pieds en éventail sur une plage de sable blanc et un parasol. Mais c’est ça qui fait la richesse du voyage. La débrouillardise est à mon avis la première qualité qui se développe quand on voyage en sac à dos. Y’a pas de magie, encore moins de formule magique…Parfois il y a de la chance et là, alors, on rencontre la magie du voyage.

Et toi, comment tu fais pour trouver un logis en voyage ? Dis-nous tout!